La clé

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Liza
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La clé

Message par Liza »

       La clé

   J’ai brûlé d’une folle passion pour toi, femme tranquille et libérée. Nous avons cohabité un an, une année où j’ai connu le paradis dans tes bras amoureux. Le temps a usé la passion. Un jour tu es partie vers une autre aventure. Tu as gardé la clé de notre nid, en sept ans, je n’ai jamais osé te la réclamer.
   Est-ce, moi, amoureux d’occasion qui ait coupé le lien qui nous attachait en limant, jour après jour, les brins de tendresse et d’amour que nous avions finement tressé. Est-ce Juliette qui en a eu marre de me trouver chaque matin dans son lit avec le même pyjama. Preuve de mon manque d’originalité, j’en avais acheté quatre identiques dans une solderie.

   Huit mois ont passé sans aucune nouvelle. Je me souviens de ce matin d’hiver où je me suis réveillé dans un épais brouillard que ma main n’arrivait pas à dissiper. Un mauvais rêve, souvent, dans mon sommeil, je revis nos litées et nos moments de tendresse. Je me suis retourné pour enlacer l’oreiller, faible consolation d’étreintes passées. Pris dans les arcanes de Morphée, j’étreignais ce coussin de plume avec fébrilité.
   —Arrête, tu me fais mal…
   Debout d’un bond, j’allume la lampe, Juliette est là, dans mon lit.
   — Ne dis rien, dors ! propos inutiles, cloué par la surprise, j’étais bien incapable de dire un mot.
   Je me suis endormi de nouveau la tête pleine de projets et d’avenir. Lorsque le réveil a sonné, la place près de moi était vide et l’oreiller bien rangé. J’ai passé la journée à tenter de démêler cette apparition : j’avais rêvé. Enfin, je le croyais !

   Au hasard des jours, un bruit dans la serrure m’annonce ton arrivée, tu viens me retrouver, comme ça, à la tombée du jour, si je suis en compagnie, tu bois un café et tu t’en vas en retenant tes pleurs. Lorsque je suis seul, nous nous couchons quelle que soit l’heure.

   Je ne pose pas de questions : viens-tu pour oublier la vie que tu as construite ? Tu es mariée, je le sais. Nous parlons d’avenir et de voyages en sachant que nous n’irons jamais nulle part. Parfois, au fond de mes pensées tourmentées, je me dis que tu viens imprégner mes draps de ton parfum pour me donner la nostalgie de ton anatomie. Tu viens m’empêcher d’oublier la douceur des promenades de mes lèvres sur ta peau. Me donner des regrets, m’empêcher de t’effacer tout à fait. Je peux attendre ton retour toi qui viens et qui s’en vas, puisque ta vie n’est pas là, elle est ailleurs.

   Un bruit de clé, tu rentres chez toi, sans bruit, comme tu es venue. Je garde espoir, je sais que tu reviendras pour oublier ta vie de tous les jours, n’importe quand, je serai là, je t’attends.

        Liza
On ne me donne jamais rien, même pas mon âge !
 
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Liza
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Re: La clé

Message par Liza »

Pas de temps perdu dans les embouteillages...
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